
© Photo : Marc Lavaud
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Né à Paris en 1953, Arnaud Rist suivra des études d'architecture.
Il voue un intérêt certain à cette discipline. Pourtant, le fait de ne pas maîtriser seul les volumes, l'abstraction inhérente aux tracés et aux plans, l'amèneront à se tourner vers un domaine plus concret.
Se précise le désir de construire, de réaliser par lui-même, en travaillant à une échelle plus palpable : il décide alors de suivre une formation d'ébéniste.
Après les années d'apprentissage, il ouvre son propre atelier et se spécialise dans la restauration de pièces maîtresses du mobilier classique européen, réalise des prototypes contemporains, forme des apprentis, travail avec des confrères...
Ebéniste convaincu, spécialisé dans la restauration de meubles d'art depuis toujours, Arnaud a cherché une nouvelle voie qui, nourrie de son expérience, ouvrirait d'autres horizons.
"Depuis plus de dix ans, la situation des artisans d'Art n'a cessé de se dégrader. La demande a évolué vers la recherche du meilleur prix, niant la notion de service au profit d'une consommation immédiate, "sur place", où l'artisan n'a plus de vie. J'ai donc cherché à me rapprocher de cette nouvelle donne en créant une activité de commerce où mon métier resterait Roi.
En cette fin de millénaire, J'ai observé que les goûts avaient évolué, la clientèle a maintenant délaissé les beaux meubles en marqueteries sophistiquées de nos grands siècles au profit de meubles en bois, plus "parlants", en quête d'un mobilier chargé d'Histoire : histoires venues d'ailleurs, reflet d'une mondialisation qui entre dans notre culture.
J'ai opté pour ce rêve du monde universel, rêve qui caressait déjà les esprits au début de ce siècle. Alors, assez naturellement, j'ai pensé à l'immense Chine, civilisation ancestrale, peuple d'Artisan-nés.
De mon premier voyage j'ai rapporté une collection variée de meubles antiques, racés, sobres et étonnamment modernes, révélant toutes les règles d'or d'un mobilier bien assemblé, mettant en oeuvre des bois nobles dont le dessin, subtilement choisi, est à l'image de la perfection poétique de la nature."
Il a modifié la distribution de ses locaux et libéré un grand espace destiné à présenter ses collections. Dans une pièce voisine, il a conservé un atelier de travail où il peut restaurer, apporter sa finition, sa signature.
"Certes importateur, l'aspect innovant du concept que je propose, consiste à mettre en valeur mon métier d'ébéniste comme clé de voûte d'un système de commercialisation : je choisis sur place le meilleur et suis à même, ici, de garantir mon choix.
Au cours de mes voyages, cette reconnaissance professionnelle m'a toujours servie. Ainsi j'ai pu trouver sur place, des interlocuteurs attentifs à mes conseils et créer un climat de "business éclairé".
Depuis son premier voyage en janvier 1997, Arnaud Rist s'est toujours attaché à affiner ses sélections, choisissant des meubles et objets de la meilleure facture, datant du XIXème et quelques pièces rares des XVIIème et XVIIIème siècles.
Homme de l'Art au sercice d'une réhabilitation historique, il s'élève à présent contre cette nouvelle mode qui propose un peu partout du mobilier asiatique importé en masse et de qualité médiocre, voire même d'une authenticité contestable.
"Je suis effrayé de voir la Chine, après d'autres pays d'Asie, pillée de ses greniers, dans le seul souci de répondre à une demande occidentale de dépaysement et de créer un marché economiquement attractif, avec un mobilier mal restauré, constitué de pièces d'ancienneté disparate, dilapidant ainsi un patrimoine qui finira à la casse, tant son état de conservation est aléatoire. Dommage !
Moi, ce qui m'intéresse, c'est d'exalter un savoir-faire mettant en lumière les qualités techniques et par là même esthétiques d'un art majeur : le Mobilier Classique Chinois des Ming et premiers Qing, accompli dans la pure tradition jusqu'à la fin du XIXème siècle."
Sa motivation, outre de sauver des pièces maîtresses, est de permettre à un public plus large que celui des collectionneurs d'objets d'art, d'acquérir pour un budget raisonnable, des oeuvres très représentatives de ce style. Une bonne alternative qui offre rigueur et authenticité en s'adaptant aux réalités économiques contemporaines.
Les collections, renouvelées régulièrement, sont présentées Impasse Charles Petit, directement dans l'atelier d'ébénisterie au 2ème étage, et depuis 1998 dans une boutique qui prolonge l'exposition avec une large vitrine au rez de chaussée, dans l'impasse.
Ainsi, au coeur de ce qui reste de la cité artisanale, on peut voyager parmi ces meubles aux formes pures et élégantes, en caresser la patine et apprécier la qualité des finitions, conduit par cet homme de métier.
Michèle TAIEB
Attachée de Communication
Tél. : 01 42 40 20 87
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e-mail : t.michele@noos.fr
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