Comptoir de la Main d'Or
Arnaud Rist
Dossier de Presse

Avril 2011

 
L'ŒIL DE L'EXPERT

Les fausses usures sont souvent exagérées

Dans sa boutique du Comptoir de la Main d'Or, l'antiquaire et ébéniste parisien Arnad Rist nous dévoile les techniques des faussaires.

> La fabrication. “Ils utilisent des machines à bois qui laissent des marques à l'intérieur des meubles. Cependant, le gros du travail est artisanal et réalisé dans les usines par quantité de manœuvres. Les assemblages sont spécifiques et raffinés, mais les faussaires les maîtrisent à la perfection.”

> Les peintures. Tous les meubles peints en bleu, en beige, eu jaune ou en noir sont récents. Les laques teintées d’origine se limitent à quelques couleurs. Le vert, le prune foncé tirant vers le noir, plus rarement le bleu très foncé et surtout le rouge qui se décline en deux ou trois nuances.

> La patine à l’ancienne. Les copistes associent des pigments à la gomme-laque, un mélange de cristaux fondus à l’alcool. Au séchage, cette composition se craquelle afin d’imiter une vieille patine croûtée. Rien à voir avec les originales qui se voilent et offrent un aspect unique au bois.

> Les usures. Ils frottent les arêtes et le coffrage des tiroirs, le contour et les angles des portes. Ces fausses marques sont souvent exagérées et illogiques. Seule la façade d’un tiroir porte les traces du temps. Idem pour les meubles qui ne s’usent pas sur tous les angles.

> Les intérieurs. Pour éviter la déformation du bois, les chinois entoilaient et laquaient les parties internes des meubles et des coffres à grains. L’ensemble donne un aspect rugueux, laissant apparaître la toile ou le papier en filigrane. Les faussaires calfeutrent le bois neuf en appliquant une simple patine de gomme-laque mélangée à diverses terres.

Antiquités Brocante n° 151 du 01/04/2011